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Donald Trump et l'assaut contre la science : les chercheurs en péril

3 mai 2026
Donald Trump et l'assaut contre la science : les chercheurs en péril
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Depuis la réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, le paysage scientifique américain est en proie à des bouleversements sans précédent. Plus de deux milliards de dollars destinés à Harvard sont gelés, et près de neuf milliards de dollars de financements pour d'autres institutions sont également suspendus. Ces décisions de l'administration Trump engendrent la création d'un nouveau statut : celui de « réfugiés scientifiques ».

Une fuite des cerveaux en perspective

Un sondage réalisé l'année dernière par la revue Nature révélait que 75 % des chercheurs envisageaient de quitter les États-Unis en raison des politiques de l'administration actuelle. Bien que les chiffres exacts sur le nombre de scientifiques ayant effectivement quitté le pays depuis janvier 2025 soient difficiles à établir, des figures emblématiques du monde de la recherche, comme Camille Parmesan, témoignent de cette exode.

Le parcours de Camille Parmesan

Biologiste et écologue texane, Camille Parmesan a été pionnière dans l'étude des impacts du changement climatique sur la biodiversité, notamment par ses travaux sur le papillon damier d'Edith. Dans les années 1990, elle a documenté le déplacement de cette espèce vers le nord et en altitude à cause du réchauffement climatique. Son article, publié dans Nature, est devenu une référence incontournable.

Un statut de réfugiée scientifique

Aujourd'hui, Parmesan se définit comme une « réfugiée scientifique » en Europe. Dans une interview accordée à la RTS, elle déclare : « Le chemin a été long... J'ai dû déménager plusieurs fois pour exercer mon métier. » Elle explique avoir été professeur à l'Université du Texas à Austin, où son département privilégiait une approche traditionnelle de l'écologie, déconsidérant ses collaborations avec des ONG comme le WWF ou le GIEC.

Les défis rencontrés

Camille Parmesan fait état de l'opposition qu'elle a rencontrée : « Des collègues ont été empêchés de publier un article contenant les mots 'changement climatique'. » Après un séjour en Angleterre, elle envisageait de revenir aux États-Unis, mais les politiques de Trump à l'encontre des initiatives climatiques l'ont poussée à prendre une décision : « J'ai donc écarté les États-Unis. »

Une nouvelle vie au Canada

Face à la situation, elle se tourne vers le Canada, alors même que Trump se retire de l'Accord de Paris. Les initiatives de la France, sous l'impulsion d'Emmanuel Macron, à travers son programme « Make Our Planet Great Again », attirent son attention. « J'ai levé la main et j'ai dit : 'Oui, moi, s'il vous plaît.' »

Une carrière en évolution

Camille Parmesan a pris la tête de la Station d’écologie théorique et expérimentale du CNRS, située en Ariège, au cœur des Pyrénées. À 65 ans, elle vient de passer le flambeau, mais ne prévoit pas de retourner définitivement aux États-Unis. « Maintenant on a Trump 2, qui est comme Trump 1 sous stéroïdes : cent fois pire. » Elle souligne également les attaques de l’administration Trump sur la science à tous les niveaux.

Une communauté accueillante en France

En France, elle se sent bien accueillie, tant au niveau local que national. « C'est formidable d'être associée au travail des décideurs politiques. » Sa rencontre avec Emmanuel Macron lors d'un dîner scientifique l’a particulièrement marquée : « Il a demandé aux scientifiques : 'Quel est le plus grave problème en matière de biodiversité et d'écologie ?' »

Les conséquences des coupes budgétaires

Les coupes dans le financement de la recherche scientifique aux États-Unis pourraient avoir des impacts économiques considérables, estimés à mille milliards de dollars sur dix ans, selon une étude récente d'un groupe de réflexion indépendant à Washington. Cela pourrait également entraîner un retard par rapport à d'autres puissances, comme la Chine.

L'Europe face au défi

En réponse, l'Union européenne investit un demi-milliard d'euros pour attirer des scientifiques étrangers. Camille Parmesan insiste sur l'importance pour l'Europe de repenser sa stratégie de recherche afin d'intégrer des domaines où elle pensait que les États-Unis excellaient.

Les dernières décisions de Trump

Le New York Times a récemment rapporté que Trump a limogé les membres du conseil d'administration de l'organisme chargé de superviser le financement de la recherche scientifique aux États-Unis. Ces changements au sein du National Science Board, qui contrôle la Fondation nationale pour la science (NSF), marquent une nouvelle attaque contre les organismes de recherche.

Un avenir incertain

Depuis la réélection de Trump, la NSF a déjà perdu un tiers de sa force de travail, conséquence directe des pressions politiques. Les scientifiques américains continuent de faire face à un environnement hostile, renforçant ainsi le mouvement des réfugiés scientifiques.

Conclusion

La situation actuelle soulève des inquiétudes quant à l'avenir de la recherche scientifique aux États-Unis, tout en mettant en lumière les défis auxquels font face les chercheurs. Alors que de nombreux scientifiques cherchent refuge en Europe et ailleurs, le débat sur l'importance de la science et de la recherche reste plus pertinent que jamais.